Andrea DIAS BOLIVAR
Depuis la Guerre froide, les mesures coercitives unilatérales imposées par un État ou un groupe d’États contre un autre, sans autorisation internationale, se sont multipliées, posant des questions cruciales de légalité et de légitimité. Cette recherche utilise le terminus technicus « mesures coercitives unilatérales » au lieu du terme « sanctions », parce qu’il ne s’agit pas de sanctions proprement dites, comme celles adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies ; ces mesures constituent, en réalité, des actes d’ingérence, des violations de souveraineté et reposent sur une application extraterritoriale de la législation nationale. Elles peuvent, dans certains cas, constituer même un recours à la force de manière contraire à la Charte des Nations Unies. Fréquemment dirigées contre des États en développement, elles entraînent des conséquences graves sur les droits humains, l’économie et l’aide humanitaire. L’absence d’un cadre juridique clair dans ce domaine favorise les abus dans les relations internationales. Cet ouvrage analyse la responsabilité des États qui les imposent, les voies de recours disponibles pour les parties cibles, ainsi que l'émergence d'une opinio juris en faveur de leur condamnation. Il plaide, enfin, pour un renforcement du droit international, afin de mieux protéger les droits humains et le droit au développement.
TABLE DES MATIÈRES
Remerciements
Préface
Sommaire
Sigles et abréviations
Introduction générale
Depuis la Guerre froide, les mesures coercitives unilatérales imposées par un État ou un groupe d’États contre un autre, sans autorisation internationale, se sont multipliées, posant des questions cruciales de légalité et de légitimité. Cette recherche utilise le terminus technicus « mesures coercitives unilatérales » au lieu du terme « sanctions », parce qu’il ne s’agit pas de sanctions proprement dites, comme celles adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies ; ces mesures constituent, en réalité, des actes d’ingérence, des violations de souveraineté et reposent sur une application extraterritoriale de la législation nationale. Elles peuvent, dans certains cas, constituer même un recours à la force de manière contraire à la Charte des Nations Unies. Fréquemment dirigées contre des États en développement, elles entraînent des conséquences graves sur les droits humains, l’économie et l’aide humanitaire. L’absence d’un cadre juridique clair dans ce domaine favorise les abus dans les relations internationales. Cet ouvrage analyse la responsabilité des États qui les imposent, les voies de recours disponibles pour les parties cibles, ainsi que l'émergence d'une opinio juris en faveur de leur condamnation. Il plaide, enfin, pour un renforcement du droit international, afin de mieux protéger les droits humains et le droit au développement.
TABLE DES MATIÈRES
Remerciements
Préface
Sommaire
Sigles et abréviations
Introduction générale
Chapitre préliminaire. La genèse de la coercition
Section I. Les origines historiques de la coercition
§ 1. Les antécédents des mesures coercitives inter-étatiquesSection II. L’évolution de la notion de coercition en droit international et dans la doctrine
§ 2. Les stratégies coercitives contemporaines
§ 1. Premières références en droit international
§ 2. Une division dans la doctrine
PREMIÈRE PARTIE
LA PHÉNOMÉNOLOGIE DE LA COERCITION
DANS L’ORDRE JURIDIQUE INTERNATIONAL
Titre 1. La physionomie du phénomène de la coercition : un double visage
Chapitre I. La coercition unilatérale
Section I. Un mécanisme en principe inadmissible dans les relations interétatiques
§ 1. Des mesures qui tendent à « déstabiliser » l’ordre juridique internationalSection II. Une admissibilité exceptionnellement justifiée : la contre-coercition
§ 2. Des mesures ayant une logique « guerrière » inhérente
§ 1. Droit des États à réagir à la violation d’une obligation internationale par des mesures coercitivesChapitre II. La coercition multilatérale
§ 2. Les conséquences incertaines du recours aux mesures coercitives sous couvert de « contre-mesures »
Section I. La compétence normative des organisations internationales en matière coercitive
§ 1. La mise en place d’un système international de sécurité collectiveSection II. La compétence normative des organisations régionales en matière coercitive
§ 2. Un bilan sur la gestion des sanctions onusiennes
§ 1. Les sanctions de l’Union européenneTitre 2. La morphologie du phénomène de la coercition : les formes coercitives
§ 2. Le pouvoir de sanction de l’Union africaine et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)
§ 3. Les sanctions de l’Organisation des États américains
§ 4. Le pouvoir de sanction de la Ligue des États arabes
Chapitre III. Mécanismes coercitifs sans recours à la force armée
Section I. Coercition politico-diplomatique
§ 1. Mécanismes de coercition diplomatiqueSection II. Coercition économique et autres formes coercitives
§ 2. Mécanismes de coercition politique
§ 1. Mécanisme de coercition économiqueChapitre IV. Mécanismes coercitifs ayant recours à la force armée modérée et autres
§ 2. D’autres mécanismes de coercition
Section I. Coercition cybernétique
§ 1. Des cyberattaques étatiques mineuresSection II. Coercition militaire
§ 2. Des cyberattaques étatiques majeures
§ 1. Menaces du recours à la force
§ 2. Recours à la force armée modérée ou graduelle
DEUXIÈME PARTIE
L’APPRÉHENSION DU PHÉNOMÈNE DE LA COERCITION INTER-ÉTATIQUE
AU REGARD DU DROIT INTERNATIONAL GÉNÉRAL
Titre 1. Le cadre juridique de la coercition inter-étatique
Chapitre V. La qualification juridique des mesures coercitives unilatérales à la lumière du droit de la responsabilité internationale des États
Section I. Mesures coercitives unilatérales en tant que « faits internationalement illicites » en raison de l’attribution à l’État : élément subjectif
§ 1. L’imputabilité à l’État de MCU prises par des personnes possédant le statut d’organe de jure de l’ÉtatSection II. Mesures coercitives unilatérales en tant que « faits générateurs de la responsabilité des États », à partir de l’examen de la licéité du fait : élément objectif
§ 2. L’imputabilité à l’État des MCU prises par des particuliers ne faisant pas formellement partie de l’appareil de l’État
§ 1. Licéité des MCU au regard des normes internationales remises en causeChapitre VI. L’émergence d’un encadrement des mesures coercitives unilatérales
§ 2. Licéité des MCU au regard de la situation du fait étatique dans le temps
Section I. Vers une condamnation globale des mesures coercitives unilatérales au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies : un appel éminent
Chapitre VII. Les effets des mesures coercitives unilatérales
§ 1. Les débats et résolutions « thématiques » sur les MCU adoptées par l’AGNUSection II. Vers une condamnation de ces mesures dans d’autres forums internationaux ou régionaux : une nécessité ressentie
§ 2. Les débats et résolutions « par pays » au sein de l’AGNU
§ 1. Initiatives au sein d’autres organes du système onusienTitre 2. Les effets des mesures coercitives unilatérales et les voies de recours dont disposent les parties cibles
§ 2. Initiatives au sein de groupes régionaux et politiques
Chapitre VII. Les effets des mesures coercitives unilatérales
Section I. Effets sur l’économie du pays-cible et d’autres
§ 1. Impact sur l’économie de l’État cibleSection II. Effets sur la population civile de l’État cible
§ 2. Impact économique à l’égard des États tiers
§ 1. L’impact sur les droits de l’hommeChapitre VIII. Invocation de la responsabilité de l’État coercitif. Mécanismes garantissant des voies de recours pour les parties cibles
§ 2. Impact sur le plan humanitaire
Section I. Voies de recours dont disposent des parties lésées par de mesures coercitives unilatérales
Annexe
Bibliographie
Table des matières
§ 1. Les voies de recours dont disposent des États ciblesSection II. Meilleurs pratiques à adopter afin d’encourager la responsabilité des États coercitifs
§ 2. Les voies de recours dont disposent des personnes et entités lésées
§ 1. Divers mécanismes visant à promouvoir la responsabilité de l’État coercitif afin d’offrir des réparations effectives aux parties ciblesConclusion générale
§2. D’autres initiatives pour développer le cadre juridique de la responsabilité des États en matière coercitive
Annexe
Bibliographie
Table des matières
Andrea DIAS BOLIVAR, Étude sur la licéité des mesures coercitives unilatérales en droit international. Analyse des mécanismes de coercition inter-étatiques, Zürich, Schulthess Verlag, 2025 (844 pp.)

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