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Multipol est un réseau international et interdisciplinaire de chercheurs et d’experts en droit international et relations internationales , ...

1 mai 2026

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Multipol est un réseau international et interdisciplinaire de chercheurs et d’experts en droit international et relations internationales, provenant de milieux professionnels divers, tels que la justice internationale, la diplomatie, la recherche et la fonction publique internationale. Depuis sa création en 2006, Multipol a connu une audience grandissante. Le réseau fonctionne sur la base du volontariat de ses membres. Afin d'assurer sa pérennité, n'hésitez pas à vous joindre à nous et à participer par vos contributions : contact.multipol@gmail.com

21 avril 2026

OUVRAGE : N. Karmis, Les biens des civils ennemis en droit international

Nikolaos Karmis

La notion de « biens des civils ennemis » renvoie à un régime discriminatoire et préjudiciable aux biens des personnes rattachées à un État adversaire. La qualification d’ennemi, indice d’un rapport d’hostilité de haute intensité, concerne le civil ou ressortissant qui devient ainsi une simple émanation de cet État. L’ingérence dans les biens des civils ennemis relevait traditionnellement du droit de la guerre au sens formel. À la lumière de l’encadrement des prérogatives des belligérants par le droit international, il faut examiner les conditions de réémergence d’un tel régime fondé sur l’assimilation de l’individu à l’Etat adversaire. Un tel régime risque de surgir, même en dehors du cadre des rapports entre des belligérants, par le recours à des mesures de contrainte économique autorisant des actes d’ingérence dans des biens privés en temps de « paix »· La réflexion sur les « biens des civils ennemis » permet ainsi de reconsidérer la licéité de mesures d’une telle intensité et radicalité. La notion de « biens des civils ennemis » se fonde sur une conception de responsabilité collective incombant à l’ensemble des ressortissants d’un État. Cette conception peut se concrétiser, post bellum, dans des mesures de saisie de biens privés à titre de réparations de guerre. Cela présuppose l’établissement d’un rapport asymétrique entre les anciens belligérants. L’asymétrie interétatique entre un vainqueur et un vaincu risque ainsi d’affecter le sort des biens privés des ressortissants de ce dernier. L’étude des particularités d’un tel régime, mis en œuvre au détriment des ennemis vaincus au lendemain des deux grands conflits du XXe siècle et affectant les « biens des ressortissants ex-ennemis », permet de saisir les spécificités du droit régissant les biens privés dans le cadre des situations post-conflictuelles contemporaines.

17 avril 2026

OUVRAGE : D. Teurtrie et al., Les BRICS et la réforme du monde : un défi pour l'Occident

David TEURTRIE, Olivier DA LAGE, Igor DELANOË, Matthieu GRANDPIERRON, Jean-Louis MARTIN, Éric POMÈS, Clément THERME

Face à un ordre international en crise, les BRICS élargis (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Iran, Émirats arabes unis et Indonésie) cherchent à renforcer leur influence dans la gouvernance mondiale en promouvant un monde multipolaire plus favorable aux puissances émergentes. Pour ce faire, ils créent de nouvelles institutions financières, prônent la dédollarisation du commerce international et proposent une vision alternative des relations internationales.

Dans cet essai, les auteurs analysent les ambitions d’un groupement qui se veut le porte-parole du « Sud global » et semble défier l’ordre international centré sur l’Occident. Ils y décryptent les ambitions, les tensions internes et les visions géopolitiques de cette coalition en mutation. Une synthèse claire et documentée pour mieux comprendre les recompositions du pouvoir mondial à l’ère multipolaire.

11 avril 2026

ACTU : La traite transatlantique qualifiée par l'ONU de « plus grave crime contre l’humanité » : entre consécration normative et horizon réparateur

Catherine MAIA, Michael MUFUMBI

Le 25 mars 2026, à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Résolution 80/250, à l'initiative du Ghana, contenant une Déclaration portant qualification de la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé des Africains de plus grave crime contre l’humanité. Le texte a été adopté par 123 voix pour, contre 3 (l’Argentine, les États-Unis et Israël) et 52 abstentions (dont les États membres de l’Union européenne et le Royaume-Uni).

Par cette qualification, la résolution mobilise l’une des catégories les plus graves du droit international pénal. Le crime contre l’humanité désigne, en effet, des actes d’une particulière gravité – tels que l’esclavage, la déportation ou la persécution – commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique dirigée contre une population civile, en connaissance de cette attaque.

3 avril 2026

OUVRAGE : E. Guematcha, Droit international et peuples autochtones

Emmanuel GUEMATCHA
 
Grâce à la mobilisation des peuples autochtones pour la défense de leurs droits, de nombreux développements juridiques internationaux portent désormais sur les peuples autochtones. Cet ouvrage interroge l’état des rapports entre le droit international et ces peuples. Il analyse et évalue la construction des règles internationales qui leur sont applicables. Malgré l’enthousiasme et le regain d’intérêt pour les questions liées aux peuples autochtones, le corpus juridique international qui les concerne présente des faiblesses. D’une part, le statut juridique des traités historiques conclus entre les peuples autochtones et des Etats dans un cadre colonial et post-colonial fait l’objet de controverses. D’autre part, si la reconnaissance et la protection des droits des peuples autochtones ont nettement évolué au sein des organisations internationales, elles restent relativement limitées. Dans ce contexte, les droits des peuples autochtones doivent franchir de nouveaux paliers dans le droit international pour tendre vers l’effectivité.

24 mars 2026

OUVRAGE : S. Allen, J.F. Diogo, A. Mensi, F. Pereira Coutinho (eds.), Western Sahara in the International Legal Order: 50 Years after the ICJ Advisory Opinion

Stephen ALLEN, João Francisco DIOGO, Andrea MENSI, Francisco PEREIRA COUTINHO

This book commemorates the 50th anniversary of the International Court of Justice’s Advisory Opinion on the Western Sahara, bringing together leading international legal scholars to explore and critically assess the enduring relevance and implications of the Opinion. It offers a comprehensive and authoritative analysis of the main legal issues surrounding the status of the Western Sahara, including self-determination, territorial sovereignty, decolonization, and the role of international institutions. By providing historical context, legal interpretation, and contemporary perspectives, the volume serves as a definitive reference for scholars, practitioners, and policymakers interested in international law, conflict resolution, and the ongoing legal dimensions of the Western Sahara question.

17 mars 2026

OUVRAGE : F. Rossinelli, J. Vandersmissen, A.K. Bulambo (dir.), De la Conférence géographique de Bruxelles à l’État indépendant du Congo (1876-1908) / From the Brussels Geographical Conference to the Congo Free State (1876-1908)

Fabio ROSSINELLI, Jan VANDERSMISSEN, Ambroise Katambu BULAMBO

L’histoire tragique de l’État indépendant du Congo, propriété personnelle du monarque belge Léopold II, a fait couler beaucoup d’encre depuis ses origines. La recherche sur ce sujet, comme sur bien d’autres concernant les conquêtes européennes en Afrique au XIXe siècle, a souvent opposé les perspectives des milieux colonisateurs à celles des peuples colonisés. Cet ouvrage propose un changement de focale, à l’occasion du 150e anniversaire de la Conférence géographique de Bruxelles. Il restitue les événements léopoldiens survenus en terres congolaises à la suite de cette Conférence dans un cadre plus large, en mettant en lumière la participation de multiples nations et régions du monde – souvent situées aux marges des empires – à une histoire de violence globale au Congo, à travers des réseaux et des acteurs tant publics que privés.

12 mars 2026

REVUE : "Les extrêmes droite en Amérique latine", Recherches internationales (n°135, hiver 2025)

Thomas POSADO

Définir l’extrême droite n’est pas chose aisée. Il s’agit d’une catégorie d’usage courant employée dans le débat public, mais qui ne constitue pas pour autant une catégorie d’analyse scientifique stabilisée. Selon Norberto Bobbio, le propre de la droite est de penser que la majorité des inégalités sont naturelles et que, par conséquent, l’État doit faire peu ou rien pour les éradiquer. Dans le cas latino-américain, ces inégalités « incluent des champs comme le patriarcat, la domination économique des grandes entreprises ou du latifundia ou la subordination d’individus LGBTQ + et d’indigènes latino-américains ». La différence entre droite et extrême droite se situe souvent sur le degré de radicalité. L’extrême droite se définit toujours de manière relative dans le temps et dans l’espace d’une société donnée, constituant souvent la fraction la plus déterminée au maintien de l’ordre social par la force en écrasant les subalternes par les méthodes les plus répressives.

9 mars 2026

OUVRAGE : R. Garrido (coord.), Desafios Contemporâneos de Segurança em África

Rui GARRIDO

O volume da coleção Atena, “Desafios Contemporâneos de Segurança em África", coordenado por Rui Garrido, reúne os contributos de especialistas, que analisam criticamente várias questões centrais da segurança africana. Trata-se da materialização dos resultados de um projeto de investigação realizado no Instituto da Defesa Nacional, o qual procurou mapear as dinâmicas de segurança que caracterizam os grandes desafios para o continente africano.

5 mars 2026

ACTU : L’Est de la RDC : l’accès humanitaire à l’épreuve du droit international

Catherine MAIA, Michael MUFUMBI

La visite de la commissaire européenne à la gestion des crises, à Goma, en République démocratique du Congo (RDC), en février 2026, s’inscrit dans un contexte humanitaire qualifié de « catastrophique », à la suite de la prise de contrôle de zones stratégiques de la ville, dont l’aéroport, par le mouvement AFC/M23 depuis janvier 2025.

Cet épisode s’inscrit dans un contexte de conflictualité persistante, la RDC étant le théâtre de conflits armés récurrents depuis son indépendance en 1960. L’Est du pays, notamment les provinces du Nord et du Sud-Kivu, demeure particulièrement instable, avec plus d’une dizaine de groupes armés actifs. Parmi eux, l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs rapports internationaux, a mené une offensive majeure, s’emparant de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, en janvier 2025, puis de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, en février 2025.

Ces prises de contrôle ont eu des conséquences humanitaires désastreuses, se traduisant par des milliers de morts, un nombre élevé de blessés et le déplacement de centaines de milliers de civils, notamment aux abords de Goma. La crise est exacerbée par la fermeture de l’aéroport de Goma depuis sa prise par le groupe armé. Cet aéroport constituait, en effet, la principale voie d’accès humanitaire vers la région. Sa fermeture entrave fortement l’acheminement de l’aide, tandis que le pillage d’entrepôts humanitaires, la raréfaction des fournitures sanitaires et les violences dirigées contre les acteurs humanitaires aggravent une situation déjà critique.

19 février 2026

REVUE : "Fissures dans l'atlantisme", Recherches internationales (n°134, automne 2025)

Alexis COSKUN, Pierre GUERLAIN, Michel ROGALSKI

Tout chez Donald Trump peut surprendre les observateurs européens : son style, son agressivité, son approche transactionnelle des affaires publiques. Il ne faut pourtant pas se méprendre. La « doctrine Trump » ne constitue pas une rupture imprévisible dans une relation transatlantique prétendument pourvoyeuse éternelle de paix, de prospérité et de stabilité.

La relation transatlantique est d’abord le produit de relations de puissances au sein de et entre l’Europe et les États-Unis. Ensuite, loin d’être continue et constante la trajectoire de cette relation a épousé les revirements, parfois brutaux, des différentes doctrines stratégiques américaines. Ce faisant les évolutions de la relation transatlantique ont participé de chacune des grandes étapes de la redéfinition des rapports de forces mondiaux depuis le XXe siècle.

Dans ce cadre, il est légitime de s’interroger : à l’heure de Donald Trump, qu’est-ce que la relation transatlantique nous dit des rapports de puissance entre l’Europe et les États-Unis ?

12 février 2026

OUVRAGE : S. Feng, Droit chinois des marques au regard des traités internationaux

Shujie FENG 

Le régime actuel du droit des marques en Chine a vu le jour avec l’adoption de la politique de réforme et d’ouverture à la fin des années 1970. Son développement repose sur deux motivations principales : l’alignement avec les règles internationales et l’accompagnement de la transition vers une économie de marché.

4 février 2026

1 février 2026