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19 février 2026

REVUE : "Fissures dans l'atlantisme", Recherches internationales (n°134, automne 2025)

Alexis COSKUN, Pierre GUERLAIN, Michel ROGALSKI

Tout chez Donald Trump peut surprendre les observateurs européens : son style, son agressivité, son approche transactionnelle des affaires publiques. Il ne faut pourtant pas se méprendre. La « doctrine Trump » ne constitue pas une rupture imprévisible dans une relation transatlantique prétendument pourvoyeuse éternelle de paix, de prospérité et de stabilité.

La relation transatlantique est d’abord le produit de relations de puissances au sein de et entre l’Europe et les États-Unis. Ensuite, loin d’être continue et constante la trajectoire de cette relation a épousé les revirements, parfois brutaux, des différentes doctrines stratégiques américaines. Ce faisant les évolutions de la relation transatlantique ont participé de chacune des grandes étapes de la redéfinition des rapports de forces mondiaux depuis le XXe siècle.

Dans ce cadre, il est légitime de s’interroger : à l’heure de Donald Trump, qu’est-ce que la relation transatlantique nous dit des rapports de puissance entre l’Europe et les États-Unis ?

7 août 2024

REVUE : "Moyen-Orient : le chaos jusqu'où ?", Recherches internationales (n°129, été 2024)

Alexis COSKUN, Michel ROGALSKI

Un brouillard de mythes fondateurs contradictoires, de souffrances accumulées et de mémoires invisibilisées entoure depuis des décennies la « question de Palestine ». Depuis les massacres du 7 octobre et la pluie incessante de bombes israéliennes qui ensanglante Gaza, la propagande de guerre s’y est ajoutée, renforcée et relayée massivement par le crépitement incendiaire et incessant des réseaux sociaux.

25 novembre 2022

REVUE : "L'extrême droite dans le monde", Recherches internationales (n°124, avril-juin 2022)

Michel ROGALSKI

Aujourd’hui l’extrême droite s’empare le plus souvent du pouvoir par la voie électorale. Les putschs des colonels grecs ou des généraux brésiliens ou argentins remontent aux années soixante. Les idées de cette nébuleuse multiforme ont progressé au point de l’autoriser à penser à des alliances pour accéder au pouvoir qui devient son objectif affirmé.

25 août 2022

REVUE : "Le monde de Kaboul à Kiev", Recherches internationales (n°123, janvier-mars 2022)

Michel ROGALSKI

En à peine deux ans les événements se succèdent et affectent notre façon de regarder l’ordre international. De la pandémie du Covid à l’agression de l’Ukraine par la Russie, en passant par la chute de Kaboul et la fin annoncée de l’opération Barkhane, l’actualité nous offre un condensé d’histoire rare en une si brève séquence.

Égrenons ces événements rapidement et tentons d’en tirer quelques leçons.
  

20 mai 2022

REVUE : "Covid : une pandémie révélatrice de l’état du monde", Recherches internationales (n°122, octobre-décembre 2021)

Chloé MAUREL, Michel ROGALSKI

La pandémie de Covid-19, provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2, est apparue le 16 novembre 2019 à Wuhan, dans la province de Hubei en Chine centrale. La contagiosité et la gravité de ce virus a amené l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à alerter la Chine puis tous les États membres, et finalement à déclarer l’état d’urgence de santé publique de portée internationale le 30 janvier 2020, et à dénommer le phénomène « pandémie » le 11 mars 2020, les risques étant, dans tous les pays, la saturation des services de soins intensifs des hôpitaux et une mortalité dramatique, ainsi que la mise à l’arrêt de l’économie. De nombreux pays ont décidé des confinements, plus ou moins longs. La situation s’installe pour durer avec des améliorations à l’été mais aussi l’apparition de plusieurs variants, notamment « delta » (apparu fin 2020 en Inde) puis « omicron » (apparu fin 2021 en Afrique du Sud). Les organisations internationales, non seulement l’OMS, mais aussi l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l’ONU et l’Unesco, se consacrent à émettre des avis et recommandations pour soutenir et orienter l’effort des États. Le Covid-19 aurait provoqué dans le monde au 1er janvier 2022 305 millions de malades et près de 5,5 millions de morts, chiffre qui selon plusieurs spécialistes serait fortement sous-estimé.

29 avril 2021

REVUE : "De la décroissance à l'effondrement", Recherches internationales (n°119, janvier-mars 2021)

Michel ROGALSKI

Titres des médias, émissions de télévisions ou de radios, réseaux sociaux, la collapsologie est partout. La pandémie virale en cours dope son discours et ajoute à l’ambiance catastrophiste. Bref, le contexte est porteur et alimente peurs et inquiétudes. Des solutions sont proposées dont les racines puisent dans de lointaines sources qui s’abreuvent à différents registres : littérature de science-fiction, cinémas, groupes écologiques, instituts mondiaux de recherche. Derrière ce foisonnement, parfois confus, on retrouve un affrontement d’idéologies qui émargent à différents champs disciplinaires et questionnent des notions aussi vastes que l’optimum de la population mondiale, la crainte de l’épuisement des ressources, le rôle de la technologie et de la science, le sens du progrès, la fragilité des sociétés, la résilience des écosystèmes, la nécessité ou la nature de la croissance dans un monde qui serait fini, etc. En réalité, des préoccupations pas vraiment nouvelles, mais qui combinées présentent un tableau effrayant et cristallisent des interrogations anciennes.

17 novembre 2019

REVUE : "L’Amérique latine en bascule", Recherches internationales (n°115, juillet-septembre 2019)

Thomas POSADO, Michel ROGALSKI, Pierre SALAMA

Le cycle de gouvernements progressistes qui ont dirigé l’Amérique latine depuis le début du XXIème siècle appartient aujourd’hui au passé. Dans certains cas, à travers des élections démocratiques, comme en Argentine, au Chili et au Pérou, dans d’autres, comme au Honduras, au Paraguay ou au Brésil, c’est par la voie d’un coup d’État parlementaire que la droite est revenue au gouvernement. Désormais, la dynamique politique s’est renversée.

1 août 2019

REVUE : "De l'Europe solution à l'Europe problème", Recherches internationales (n°114, avril-juin 2019)

Michel ROGALSKI

Après le Traité de Maastricht, les bourgeoisies conservatrices européennes se rassuraient. Elles avaient compris que l’empilement de traités successifs leur permettait d’asseoir leur emprise sur les modalités et les orientations de la construction de l’Union européenne. Désormais la route était libre pour promouvoir le libre-échange «non faussé», mettre en concurrence, face au privé, les services publics, délocaliser, dévaster des bassins d’emplois. Globalement il s’agissait de remettre en cause l’ensemble des acquis sociaux constitués depuis 1945 et présentés comme des scories ou des rugosités, obstacles évidents à l’adaptation d’un continent à la déferlante de la mondialisation qui submergeait la planète. L’Europe n’y dérogeant pas, mais en constituant au contraire la forme la plus poussée d’un continent où jamais autant de souveraineté n’avait été consentie à des formes supranationales et où l’interdépendance économique et financière ne s’était jamais autant développées. Plus que protection contre la mondialisation, l’Europe en était devenue son laboratoire. L’horizon devait être verrouillé. Réformes et Constitution devaient ainsi transformer le continent et permettre ainsi à ses bourgeoisies d’y jouir d’une quiétude garantie par l’entrée dans le «cercle de la raison». Une assurance tous risques avait été ainsi prise s’accompagnant d’un «réducteur d’incertitude». Le balancier politique allait enfin pouvoir osciller tranquillement entre centre-gauche et centre-droit qui pourraient ainsi mener la même politique en feignant de s’opposer.

25 mars 2019

REVUE : "L’ONU face aux bouleversements du monde", Recherches internationales (n°113, janvier-mars 2019)

Michel ROGALSKI

L’ONU aujourd’hui traverse une passe difficile : elle a été paralysée à plusieurs reprises par le veto russe, l’empêchant d’agir par l’envoi de casques bleus dans la terrible guerre civile en Syrie ; les États-Unis l’ont affaiblie en se retirant de l’Unesco et du Conseil des droits de l’homme ; son « Pacte mondial pour les migrations » a été contesté par plusieurs États européens qui l’ont accusée de vouloir ouvrir grand les vannes de l’immigration.

30 octobre 2018

REVUE : "Regards sur le mouvement syndical international ", Recherches internationales (n°112, janvier-mars 2018)

Michel ROGALSKI

La conversion des « élites dirigeantes » à l’ordo-libéralisme semble n’épargner aucun continent. Dans un grand nombre de pays, les gouvernements déroulent des feuilles de route austéritaires qui présentent les régulations sociales comme des archaïsmes pénalisant l’activité économique, la rémunération du travail comme un coût excessif, les dettes publiques comme un legs intolérable pour les générations à venir, le syndicalisme comme un héritage lourd, nocif et rétif à des évolutions présentées comme indispensables autant qu’incontestables.

30 mai 2018

REVUE : "L’enseignement supérieur marchandisé et mondialisé", Recherches internationales (n°111, octobre-décembre 2017)

Michel ROGALSKI

Cinquante années après les événements de mai 1968 personne ne pourrait reconnaître les traits de l’enseignement supérieur tant en France qu’à l’étranger. Certes, la masse de la population universitaire s’est formidablement accrue, mais là n’est pas l’essentiel. Le statut et la conception de cet enseignement ont complètement changé et ont été profondément marqués par la vague de libéralisme qui a submergé la planète.

28 juillet 2017

REVUE : "Royaume-Uni un an après le Brexit", Recherches internationales (n°109, avril-juin 2017)

Michel ROGALSKI

La nouvelle, attendue, est tombée le 1er juin. Les États-Unis ont décidé de sortir de l’Accord de Paris sur le climat, six mois seulement après son entrée en vigueur. Les modalités n’en sont pas encore toutes connues, mais la décision est prise, bien qu’elle ne peut avoir d’effets immédiats. Trois Présidents avaient refusé de ratifier le Protocole de Kyoto (Bill Clinton, Bush Jr., Barack Obama) qui
organisait la régulation climatique mondiale, signifiant au monde que le mode de vie américain n’était pas négociable. En signant, à la fin de son second mandat, l’Accord de Paris Barack Obama avait envoyé un signal fort au monde et semblait engager son pays dans un partenariat solide avec la Chine sur cette question, coopération qui fut décisive pour l’adoption de l’Accord. Conformément à ses engagements électoraux, Donald Trump revient brutalement sur cette trajectoire.

19 avril 2017

REVUE : "Nouvelle configuration mondiale : risque de guerre", Recherches internationales (n°108, janvier-mars 2017)

Michel ROGALSKI

Élu le 8 novembre 2016, Donald Trump a pris ses fonctions, en tant que 45e président des États-Unis, le 20 janvier 2017. Élection surprise, dont les thèmes de campagne ne furent pas sans rappeler ceux du Brexit britannique dont le résultat surprit également quelques mois plus tôt. Tout a été dit sur le caractère pittoresque et fantasque du personnage, au point qu’il n’est pas nécessaire de s’y attarder, sauf à retenir, ce que la suite confirmera, l’absence de vision claire, l’imprécision, l’impréparation, l’incohérence et l’imprévisibilité des positions. Bref, la hantise des chancelleries et des chargés du protocole qui adorent le bon déroulement des choses bien préparées.

23 janvier 2017

REVUE : "Tournant à gauche en Amérique latine : fin de cycle ? ", Recherches internationales (n°107, avril-juin 2016)

Michel ROGALSKI

La campagne présidentielle de 2012 avait été marquée par son quasi-silence sur les enjeux internationaux révélant la réalité d’un consensus entre les principaux candidats qui jugeaient inutile d’en discuter ou de s’opposer faussement. La suite a bien montré que la politique étrangère de la France ne soit pas débattue devait inquiéter. Le « mollétisme » de François Hollande s’inscrivait parfaitement dans le sillon tracé par Nicolas Sarkozy. Le cap a été maintenu, marqué par la multiplication des interventions et expéditions guerrières, au point que c’est ce que l’on retiendra le plus du dernier quinquennat. Autant la diplomatie sarkozyste avait été stupéfiante d’inflexions, de retournements, de gages inutilement donnés et d’impréparations velléitaires riches de conséquences, au point que l’on a pu s’interroger s’il existait une vision d’ensemble cohérente du rôle de la France dans le monde. Autant celle de François Hollande a été d’une grande clarté: atlantisme effréné donnant dans la surenchère au point d’être plus jusqu’au-boutiste que celle des États-Unis sur l’Iran, la Syrie, la Russie, abaissée et docile dans sa relation à l’Union européenne, inexistante et illisible dans sa relation au monde en développement.

4 octobre 2016

REVUE : "Amérique : les années Obama", Recherches internationales (n°106, janvier-mars 2016)

Michel ROGALSKI

Les analystes peinent à caractériser ce qui s’est passé en Turquie le 15 juillet. Coup d’État, contrecoup, purge, reformatage de l’État... Le discours officiel, faisant mention d’un complot de la Confrérie Hizmet – sorte de franc-maçonnerie musulmane – infiltrée dans la haute administration et l’armée et animée par le prédicateur, en exil aux États-Unis depuis dix-sept ans, Fethullah Gülen, ne rencontre qu’une écoute polie, mais non convaincue des chancelleries. Mais tous s’accordent à penser que ce qui s’est passé ainsi que la suite des événements relève de la plus haute importance et pourrait constituer un séisme pour la région, tant le rôle et la place qu’y joue le pays sont essentiels.

12 juin 2016

REVUE : "Quelle politique étrangère de gauche pour la France ?", Recherches internationales (n°105, octobre-décembre 2015)

Michel ROGALSKI

Lors de notre centième numéro, nous avions choisi d’interroger la diplomatie française. Constat accablant largement partagé et qui concluait sur l’idée que le mandat Hollande, loin de revenir sur l’inclinaison néo-conservatrice de Nicolas Sarkozy, en avait poursuivi les orientations essentielles. Pire, s’agissant de la Syrie, il avait tenté d’entraîner le gouvernement Obama dans une aventure guerrière, et devant l’échec de sa manoeuvre avait dû procéder à un rétropédalage peu glorieux. Le tropisme pro-israélien était vite apparu lors de l’été 2014. Face à l’offensive israélienne contre Gaza, l’Élysée avait alors manifestement fait part de sa compréhension pour cette action en « condamnant fortement » les tirs de roquettes du Hamas et en ajoutant qu’il « appartenait au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces ». Sur les principaux dossiers, à côté de la France, Barack Obama fait figure de modéré et nous apparaissons comme ses neocons. En trois premières années de mandat présidentiel, la France s’est retrouvée engagée dans trois guerres ! Un tel constat nous avait fait dire qu’en matière de diplomatie, Guy Mollet était de retour.

17 janvier 2016

REVUE : "Résistances anti-systémiques", Recherches internationales (n°104, juillet-septembre 2015)

Michel ROGALSKI

Depuis la crise financière de 2008, c’est-à-dire le sauvetage des banques par les États qui furent ensuite rançonnés par ces mêmes banques, sont apparus dans le monde des mouvements de protestation en dehors des partis politiques traditionnels ou en marge des institutions. Dans les pays occidentaux, le sauvetage des banques a galvanisé les oppositions en dehors des partis traditionnels qui avaient tous collaboré au sauvetage par l’argent public. Les indignés espagnols criaient, à juste titre, « ce n’est pas une crise mais une escroquerie ». Le petit livre de Stéphane Hessel, Indignez-Vous !, a parfaitement cristallisé le sentiment de nombreux citoyens choqués par les réponses à la crise de leurs dirigeants. Ailleurs dans le monde la crise financière était seconde par rapport aux préoccupations locales.

2 octobre 2015

REVUE : "Les Nations Unies, 70 ans après", Recherches internationales (n°103, avril-juin 2015)

Michel ROGALSKI

Au terme de sept décennies d’existence de l’Onu, quel bilan tirer de cette institution souvent critiquée, que le général de Gaulle lui-même avait surnommé avec mépris « le machin » ? Les articles de ce dossier qui paraît au moment du soixante-dixième anniversaire de l’Onu y contribuent, chacun avec leur approche propre. Ils montrent les atouts de l’Onu, son action souvent progressiste, mais aussi ses faiblesses, que la « réforme » tant attendue de l’institution n’a pas réussi pour l’heure à pallier. Dans l’ensemble, il faut souligner le caractère souvent précurseur de l’Onu, qui a au fil des années imposé des notions et des valeurs importantes, comme celles de « droits humains », de « maintien de la paix », de « développement durable », de « patrimoine mondial », de « sécurité humaine » ou de « responsabilité de protéger ».

7 juillet 2015

REVUE : "Agricultures et alimentation mondiales", Recherches internationales (n°102, janvier-mars 2015)

Michel ROGALSKI

Longtemps écarté de la scène internationale comme acteur de poids, l’Iran est en passe d’y faire un retour remarqué. L’avènement, en 1979, de la République islamique succédant au régime du shah, avait marqué le début de l’isolement du pays et de l’ostracisme que lui témoignaient les puissances occidentales. Après plus d’une vingtaine d’années d’interventions des États-Unis et de leurs alliés dans la région (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie) traduites par des échecs et le chaos, la situation est devenue tellement dégradée et incontrôlable qu’il n’est plus possible d’envisager un retour à un minimum de stabilité sans une implication, inimaginable hier encore, de l’Iran qui contrairement à toute attente a pu faire face douloureusement à des décennies de sanctions économiques et montrer, en accueillant les 120 pays participant au 16e Sommet des non-alignés en 2012, qu’on devait encore compter avec lui.

24 mars 2015

REVUE : "Afrique du sud : 20 ans de démocratie contrastée ?", Recherches internationales (n°101, octobre-décembre 2014)

Raphaël PORTEILLA & Michel ROGALSKI

L’année 2014 a été placée en Afrique du Sud sous le signe des célébrations des vingt ans de démocratie, donnant lieu à de nombreux événements et manifestations. La longue histoire de lutte et de résistance a en effet débouché sur une transition politique somme toute rapide et réussie car sans bain de sang (1990-1996), elle-même pavant le chemin de la nouvelle démocratie sud-africaine.