L'annonce n'intervient évidemment pas au hasard dans un calendrier marqué, la veille, par les célébrations du cinquantenaire de l'indépendance du pays. Et permet de dresser un début de bilan du régime du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.
« Grâce à cet allègement, la RD Congo ne sera plus confrontée à un lourd service de la dette par rapport à ses recettes fiscales et ses ressources en devises », ont indiqué le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, dans un communiqué.
Mais les créanciers privés et bilatéraux n'ont pu faire de si importantes concessions qu'en échange de l'application, par Kinshasa, d'un ensemble de mesures pilotées par les institutions de Bretton Woods. Celles-ci comprenaient « la mise en œuvre d'une stratégie de réduction de pauvreté et de croissance, le maintien de la stabilité macroéconomique, des progrès dans la gestion des dépenses publiques et de la dette, et une amélioration de l'administration et des services fournis dans des secteurs sociaux essentiels tels que la santé, l'éducation et le développement rural », selon le communiqué du gouvernement congolais.
Le chef de mission du FMI à Kinshasa, Brian Ames, a salué « les progrès qu'ont fait les autorités de la RDC ces dernières années pour renforcer la gestion et les performances de la politique macroéconomique après un conflit d'une décennie qui a détruit l'infrastructure économique et sociale du pays ».
Après deux conflits meurtriers (1996-1997 et 1998-2003) qui ont abouti au renversement d'un président, Mobutu Sese Seko, et à l'assassinat d'un autre, Laurent-Désiré Kabila, la RD Congo serait donc en passe de retrouver un second souffle. Mais la route est encore longue. Car, comme l'a dit le président Kabila lui-même dans son discours du cinquantenaire, le pays doit « engager de manière résolue une révolution morale ». Et les lignes de crédit ouvertes par la Chine font craindre à certains observateurs un réendettement rapide de la RD Congo, qui doit déjà 6 milliards de dollars à Pékin, selon le ministre du Plan, Olivier Kamitatu.
Dotée d'immenses réserves minières (or, cuivre, cobalt, diamants), la RD Congo reste l'un des pays où le niveau de vie des habitants est le plus bas. Les institutions internationales présentes dans le pays dénoncent régulièrement une corruption endémique et le pillage des ressources par les groupes armés, des compagnies étrangères, voire même des pays voisins.
« À l'avenir, renforcer l'État de droit, améliorer l'administration, en particulier dans les secteurs pétrolier et minier, ainsi que le climat des affaires seront des étapes essentielles pour faire bénéficier les citoyens congolais les plus vulnérables » des retombées de l'allègement de la dette, a souligné la directrice de la Banque mondiale pour la RD Congo, Marie-Françoise Marie-Nelly.
Mais, là encore, tout coûte cher. Même la lutte contre la corruption. La BM a ainsi annoncé avoir débloqué à cette fin 50 millions de dollars de dons, « pour accroître la transparence et la responsabilité dans le secteur minier, de sorte à utiliser les revenus des ressources naturelles pour une croissance durable et qui intègre » la population.
Source : Jeune Afrique